Casque Roof Djagger : l'intégral à ouverture occipitale attendu en mars 2027 à partir de 849 €

04.11.2026

Dévoilé à l'EICMA de Milan en novembre 2025, le Roof Djagger est le premier casque intégral de série dont on enfile la tête par l'arrière. Sa coque occipitale se déploie, se referme d'un seul geste, et remplace la jugulaire par un collier breveté ajusté une fois pour toutes. Roof revendique une première mondiale : aucun autre intégral ne se met et ne s'enlève gants aux mains et lunettes sur le nez. Deux salons plus tard, le calendrier et le tarif ont bougé. Annoncé à partir de 749 € en mars 2026, puis attendu en magasin pour la fin d'année, le Djagger est désormais affiché sur le site du fabricant pour mars 2027, à 849 € en finitions métallisées et 999 € en carbone apparent.

Un intégral qui s'ouvre par l'arrière, trente ans après le Boxer

Roof a construit sa réputation sur une idée mécanique : le Boxer de 1995 et sa mentonnière basculante. Trente ans plus tard, Claude Morin, fondateur de la marque en 1993, situe explicitement le Djagger dans cette filiation. Le principe est pourtant tout autre. Ici, rien ne bascule vers l'avant : c'est l'arrière du casque qui s'écarte pour laisser passer la tête, avant de se refermer sur elle. Roof nomme ce principe l'ouverture occipitale et le présente comme une nouvelle catégorie d'intégraux, reposant sur une cinématique brevetée. La coque arrière est constituée de quatre pièces guidées par des câbles décrits comme très robustes, et le projet est parti de la base de l'intégral sportif RO200. À aucun moment Roof n'a envisagé de faire homologuer le Djagger comme un modulable : il est bien enregistré en catégorie P de la norme ECE 22.06, celle des intégraux.

Plus de jugulaire, mais un collier verrouillé

Le Djagger supprime la boucle que l'on manipule chaque matin. À la place, un collier breveté Roof se règle une seule fois à la morphologie du porteur, puis se verrouille définitivement. Le maintien ne dépend donc plus d'un serrage quotidien plus ou moins rigoureux, mais du réglage initial. Quand on referme les flancs du casque, un mouvement de genouillère rabat la coquille arrière, qui vient enserrer le crâne au plus près des mousses. Roof annonce un dessous de casque plus refermé qu'un intégral classique, avec à la clé un meilleur maintien et une insonorisation améliorée. Sur le plan réglementaire, l'article R431-1 du code de la route impose en circulation un casque de type homologué et attaché, sous peine d'amende de quatrième classe : c'est le collier verrouillé, validé par l'homologation ECE 22.06, qui tient ici lieu de système de rétention.

Ce que l'enfilage par l'arrière change en ville

Roof affirme que le Djagger s'enfile et se retire gants aux mains et lunettes sur le nez, sans pression sur les oreilles. L'argument parle d'abord aux porteurs de lunettes, habituellement condamnés à les retirer puis à les repositionner à travers l'ouverture d'un intégral. Il parle aussi à l'usager urbain d'un trois-roues ou d'un maxi-scooter, qui enchaîne les arrêts courts et pour qui chaque manipulation compte : plus de boucle à chercher sous le menton avec des gants d'hiver, plus de branches de lunettes à tordre. C'est précisément sur ce point que la marque place sa revendication la plus forte, en présentant son intégral comme le seul du marché dont la mise en place et le retrait n'obligent ni à ôter ses lunettes ni à se déganter, une aisance qu'elle dit sans équivalent dans le monde.

Une ouverture d'urgence pensée pour les secours

L'architecture sert un second usage. Deux vis latérales suffisent à désolidariser l'avant du casque et à le basculer vers le haut, la tête restant stable dans la coquille arrière. Le dispositif est conçu pour dégager les voies respiratoires sans pression ni rotation du rachis cervical, là où le retrait d'un intégral classique impose de mobiliser la nuque. Roof présente cet accès secours comme l'une des raisons d'être du système.

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Une première mondiale à nuancer

L'entrée par l'arrière n'est pas née en 2025. Le principe existait déjà dans les années 1980 avec le Nefsud R02, et le GPA SJ se passait lui aussi de jugulaire ; Claude Morin a été associé à ces projets, comme au Levior Function 1, et l'idée remonterait chez lui à plus de vingt ans. Un casque contemporain reprend par ailleurs cette cinématique : l'australien Vozz RS 1.0, affiché 880 dollars, qui ne semble pas distribué en France. La nouveauté tient donc moins au concept qu'à son industrialisation : un intégral de grande série homologué ECE 22.06, qui combine ouverture occipitale et suppression de la jugulaire, fabriqué dans l'unité de production de Roof au Vietnam.

Composite verre-carbone, EPS six densités et écran photochromique

La coque mêle fibre de verre et fibre de carbone, avec deux finitions Fullcarbon, brillante et mate, qui laissent la matière apparente. L'amortisseur est un EPS composé de six pièces de densités différentes selon les zones. La ventilation Venturi compte 9 entrées d'air et des extracteurs arrière, l'habillage intérieur est en tissu de bambou démontable, ajustable et lavable, et une bavette coupe-vent amovible est fournie. Le casque reçoit de série un écran photochromique homologué 22.06, anti-rayures, qui fonce seul selon la luminosité : pas de pare-soleil escamotable, donc. Une lentille Pinlock 120 MaxVision accompagne le casque, et le champ de vision revendiqué est de 100° en hauteur pour 210° en largeur. Des mousses amovibles libèrent les logements des écouteurs, du micro et de la batterie d'un intercom. Moto Magazine annonce 1 350 g pour la version carbone et une seule taille de coque du 54 au 62.

849 ou 999 €, et une disponibilité repoussée à mars 2027

C'est le point qui a le plus bougé depuis Milan. Après le salon S2R de Lyon, en mars 2026, Roof annonçait un départ à 749 € pour le coloris blanc en fibres. En septembre 2026, la marque expliquait que l'année avait servi à l'industrialisation et visait les magasins pour la fin d'année, avec deux modèles sous les 800 €. La page de gamme affiche aujourd'hui quatre références : Carbon Blanc Métallisé et Carbon Rouge Métallisé à 849 € TTC, Carbon brillant et Carbon mat à 999 € TTC, toutes en disponibilité mars 2027. Le casque n'est pas commandable : seule une alerte de mise en vente est proposée. La garantie est de 3 ans, extensible gratuitement à 7 ans après activation d'un formulaire.

Un Djagger Venture pour élargir la gamme

À l'EICMA 2026, du 5 au 8 novembre, hall 18 stand C52, Roof a exposé le prototype du Djagger Venture, son premier casque adventure, bâti sur la même architecture brevetée. Sa casquette s'éjecte en cas de chute pour limiter les risques de rotation ; prix, coloris et date de sortie restent à annoncer. Le salon a aussi marqué une étape : jusque-là, seules les équipes de Roof avaient porté le casque, et les visiteurs ont été les premiers à pouvoir l'enfiler.

Roof Djagger : une promesse crédible, un rendez-vous encore lointain

Le Djagger répond à une gêne réelle et jamais traitée par la grande série : enfiler et retirer un intégral sans tordre ses lunettes, sans écraser ses oreilles et sans chercher une boucle avec des gants. Pour un conducteur de trois-roues ou de maxi-scooter qui multiplie les arrêts, c'est un gain quotidien plus tangible que bien des arguments de fiche technique. L'équipement suit, avec l'écran photochromique de série, le Pinlock fourni, la prédisposition intercom et une garantie portée à sept ans. Restent trois inconnues : le comportement réel d'une mécanique à quatre pièces et câbles dans la durée, la coque unique du 54 au 62 qui pourrait pénaliser les petits gabarits, et surtout un calendrier qui glisse depuis deux ans, de fin 2026 à mars 2027, avec un tarif passé de 749 à 849 € au minimum. Tant que le casque n'est pas en boutique, la première mondiale reste sur le papier.

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Éric BARSE

Rédacteur Éric Barse

Journaliste spécialisé dans l’univers du deux et trois-roues et fondateur des portails www.cafe-racer-only.com et www.scooter-3-roues.com.

Passionné de moto et de voyages depuis l’adolescence, il revendique l'achat de plus de 65 modèles personnels à ce jour, toutes marques et cylindrées confondues. Curieux, ouvert à toutes les motorisations — thermiques comme électriques —, il explore l’univers du deux et trois roues sans préjugé. Son approche journalistique mêle rigueur technique et ressenti de conduite, dans une recherche constante d’équilibre entre objectivité mécanique et plaisir de pilotage.